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Comprendre le Private Equity

TVPI, DPI, RVPI et TRI : quels indicateurs de performance en Private Equity ?

Publié le
2026-10-06
Modifié le
2026-10-07
Athlètes en pleine course, évocation de la mesure et de la comparaison des performances en Private Equity
TVPI, DPI, RVPI et TRI offrent une lecture complémentaire de la performance d’un fonds de Private Equity.
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10,7 % nets par an sur dix ans : c’est le TRI mesuré à fin 2025 par France Invest et EY pour le capital-investissement français. Ce chiffre apporte un repère historique, mais il ne révèle ni les distributions déjà reçues, ni la valeur restant à céder, ni le multiple de capital généré.

La performance d’un fonds de Private Equity doit donc être analysée à partir de plusieurs indicateurs complémentaires. Le TVPI mesure la valeur totale obtenue ou encore détenue. Le DPI indique le capital effectivement distribué. Le RVPI représente la valeur résiduelle du portefeuille. Le TRI tient compte du montant et du calendrier des flux financiers.

Aucun de ces indicateurs ne suffit isolément. Un fonds peut afficher un TVPI élevé tout en ayant encore peu distribué. Un TRI important peut provenir d’un retour de capital rapide sur une fraction limitée du portefeuille. Un RVPI élevé peut refléter un potentiel futur, mais aussi une forte dépendance à des valorisations non encore réalisées.

Comprendre les relations entre le TVPI, le DPI, le RVPI et le TRI permet de lire plus précisément un reporting, de comparer des fonds dans un cadre cohérent et de distinguer la valeur déjà matérialisée de la performance encore estimée.

Pourquoi la performance du Private Equity nécessite plusieurs indicateurs

Sur les marchés cotés, un investisseur peut généralement observer un prix quotidien et calculer l’évolution de son portefeuille entre deux dates. Dans le Private Equity, les capitaux sont appelés progressivement, investis pendant plusieurs années, puis restitués au rythme des cessions.

Les flux ne sont donc ni réguliers, ni entièrement prévisibles. Un investisseur peut engager 100 000 euros, n’en verser qu’une partie la première année, recevoir une première distribution plusieurs années plus tard et conserver une exposition à des entreprises encore non cédées.

La performance comporte alors deux dimensions :

  • la valeur réalisée, correspondant aux sommes déjà distribuées ;
  • la valeur non réalisée, correspondant aux participations encore détenues.

Le temps constitue une troisième dimension. Recevoir 150 euros deux ans après avoir investi 100 euros n’équivaut pas à recevoir le même montant cinq ans plus tard.

Les multiples TVPI, DPI et RVPI mesurent la valeur par rapport au capital versé. Le TRI ajoute le calendrier des flux. Leur lecture combinée permet de répondre à quatre questions distinctes :

  • Quelle valeur totale le fonds affiche-t-il ?
  • Combien l’investisseur a-t-il effectivement récupéré ?
  • Quelle valeur reste encore dans le portefeuille ?
  • À quel rythme les flux ont-ils été générés ?

Quels sont les quatre indicateurs à connaître ?

Sur mobile, faites défiler le tableau horizontalement.

Signification, formule et limites des principaux indicateurs de performance du Private Equity
Indicateur Signification Formule simplifiée Ce qu’il mesure Principale limite
TVPI Total Value to Paid-In (Distributions + valeur résiduelle) / capital versé Valeur totale réalisée et non réalisée Dépend en partie de valorisations estimées
DPI Distributed to Paid-In Distributions / capital versé Capital effectivement restitué Ne tient pas compte du portefeuille restant
RVPI Residual Value to Paid-In Valeur résiduelle / capital versé Valeur des actifs encore détenus Repose sur une valeur liquidative non réalisée
TRI Taux de rentabilité interne Taux annulant la valeur actuelle nette des flux Rendement tenant compte du calendrier et du montant des flux Très sensible au calendrier des flux

Une relation fondamentale relie trois de ces indicateurs :

TVPI=DPI+RVPI

Cette égalité permet de comprendre la composition de la valeur totale. Un TVPI de 1,8x peut, par exemple, être composé d’un DPI de 1,5x et d’un RVPI de 0,3x, ou d’un DPI de 0,4x et d’un RVPI de 1,4x.

Le chiffre total est identique, mais le niveau de réalisation est très différent.

Que mesure le TVPI ?

Le TVPI, ou Total Value to Paid-In, mesure la valeur totale attribuable aux investisseurs par rapport au capital qu’ils ont effectivement versé.

Il additionne les distributions déjà reçues et la valeur résiduelle des investissements encore détenus. Il s’agit donc d’un multiple global, composé d’une partie réalisée et d’une partie non réalisée.

Comment calculer le TVPI ?

La formule simplifiée est la suivante :

TVPI=("Distributions cumul" "e"  ˊ"es + valeur r" "e"  ˊ"siduelle" )/("Capital vers" "e"  ˊ )

Supposons qu’un investisseur ait versé 100 millions d’euros dans un fonds. Celui-ci a déjà distribué 60 millions d’euros et les participations restantes sont valorisées à 90 millions d’euros.

Le calcul est alors :

TVPI=(60+90)/100=1,5x

Le fonds affiche une valeur totale de 1,50 euro pour chaque euro versé. Sur ces 1,50 euro, seulement 0,60 euro a déjà été distribué. Les 0,90 euro restants dépendent encore de la cession future du portefeuille.

Comment interpréter le TVPI ?

Un TVPI inférieur à 1x signifie que la somme des distributions et de la valeur résiduelle est inférieure au capital versé. À la date de calcul, le fonds affiche donc une perte de valeur.

Un TVPI égal à 1x signifie que la valeur totale correspond au capital versé. Cela ne signifie pas nécessairement que l’investisseur a récupéré son capital, car une partie peut encore se trouver dans le RVPI.

Un TVPI supérieur à 1x indique que le fonds affiche une valeur totale supérieure au capital versé. Cette différence ne constitue pas automatiquement un gain définitivement réalisé.

La maturité du fonds doit être prise en compte. Un TVPI de 1,3x peut être encourageant pour un fonds encore jeune, mais insuffisant pour un fonds proche de sa liquidation selon sa stratégie, ses frais, son millésime et son profil de risque.

Quelles sont les limites du TVPI ?

Le TVPI ne tient pas compte du temps nécessaire pour créer la valeur. Un TVPI de 1,5x atteint en deux ans ne correspond pas au même rythme de performance qu’un TVPI de 1,5x obtenu en huit ans.

Il additionne également deux composantes de nature différente :

  • les distributions, qui ont été reçues ;
  • la valeur résiduelle, qui reste estimative.

Un fonds dont le TVPI repose majoritairement sur le RVPI est plus dépendant des hypothèses de valorisation et des futures conditions de sortie. Le TVPI doit donc toujours être décomposé entre DPI et RVPI.

Que mesure le DPI ?

Le DPI, ou Distributed to Paid-In, mesure les distributions cumulées reçues par les investisseurs par rapport au capital qu’ils ont versé.

Il s’agit de l’indicateur le plus directement lié à la performance réalisée. Les sommes prises en compte ont été distribuées aux investisseurs sous forme de trésorerie ou, dans certains cas, de titres.

Comment calculer le DPI ?

La formule simplifiée est :

DPI=("Distributions cumul" "e"  ˊ"es" )/("Capital vers" "e"  ˊ )

Dans notre exemple, le fonds a distribué 60 millions d’euros pour 100 millions d’euros versés :

DPI=60/100=0,6x

L’investisseur a donc récupéré 60 % du capital versé. Cette formulation ne signifie pas que les 40 % restants ont été perdus. Le fonds détient encore des participations dont la valeur apparaît dans le RVPI.

Skieur réalisant un saut en montagne, évocation de la performance et de sa mesure en Private Equity

Que signifie un DPI supérieur à 1 ?

Un DPI de 1x signifie que les distributions cumulées sont égales au capital versé. L’investisseur a récupéré l’équivalent de ses apports, indépendamment de la valeur résiduelle encore détenue.

Un DPI de 1,5x signifie que le fonds a distribué 1,50 euro pour chaque euro versé. Le multiple réalisé est donc supérieur au capital initial.

Un DPI supérieur à 1 ne garantit pas que toutes les participations ont été performantes. Un petit nombre de cessions réussies peut compenser d’autres investissements déficitaires.

Il faut également examiner le portefeuille restant et le coût des éventuelles pertes.

Pourquoi le DPI dépend-il de la maturité du fonds ?

Pendant les premières années, un fonds investit généralement son capital et accompagne ses participations. Il est donc normal que son DPI soit faible ou nul.

Les distributions commencent lorsque les premières entreprises sont cédées, refinancées ou introduites en Bourse. Le DPI tend alors à progresser au cours de la phase de désinvestissement.

Comparer le DPI d’un fonds lancé depuis trois ans avec celui d’un fonds âgé de dix ans serait peu pertinent. Le premier peut encore être en phase d’investissement tandis que le second devrait avoir réalisé une part importante de son portefeuille.

Le DPI doit donc être comparé à celui de fonds :

  • de millésime proche ;
  • de stratégie comparable ;
  • de maturité similaire ;
  • calculés à une même date.

Que mesure le RVPI ?

Le RVPI, ou Residual Value to Paid-In, mesure la valeur résiduelle du portefeuille par rapport au capital versé.

Cette valeur résiduelle correspond généralement à la valeur liquidative des participations encore détenues, après prise en compte des éléments définis dans la documentation et les méthodes comptables du fonds.

Comment calculer le RVPI ?

La formule simplifiée est :

RVPI=("Valeur r" "e"  ˊ"siduelle du portefeuille" )/("Capital vers" "e"  ˊ )

Dans notre exemple, le portefeuille restant est valorisé à 90 millions d’euros pour 100 millions d’euros versés :

RVPI=90/100=0,9x

Le fonds détient donc encore une valeur estimée à 0,90 euro pour chaque euro versé.

En additionnant le DPI de 0,6x et le RVPI de 0,9x, on retrouve le TVPI :

0,6x+0,9x=1,5x

Pourquoi le RVPI repose-t-il sur une estimation ?

Les entreprises non cotées ne disposent pas d’un cours de marché quotidien. Leur valorisation repose sur des méthodes comme :

  • les multiples de sociétés comparables ;
  • les multiples de transactions récentes ;
  • l’actualisation des flux de trésorerie ;
  • la dernière opération de financement ;
  • les résultats financiers et opérationnels ;
  • les perspectives de sortie.

Ces méthodes sont encadrées, mais elles contiennent nécessairement des hypothèses. La valeur obtenue peut différer du prix finalement reçu lors de la cession.

Le RVPI doit donc être lu comme une estimation documentée de la valeur restante, et non comme une somme immédiatement disponible.

Comment interpréter un RVPI élevé ?

Un RVPI élevé peut signifier que le fonds possède encore un portefeuille important susceptible de générer de futures distributions.

Dans un fonds jeune ou en milieu de vie, cette situation est normale. La majorité de la valeur n’a pas encore été réalisée.

Dans un fonds mature, un RVPI durablement élevé mérite une analyse plus approfondie. Il peut indiquer :

  • des entreprises performantes conservées plus longtemps ;
  • des conditions de sortie défavorables ;
  • des participations difficiles à céder ;
  • une concentration sur quelques actifs ;
  • une valorisation encore incertaine ;
  • la préparation d’une opération secondaire ou d’un véhicule de continuation.

Un RVPI élevé n’est donc ni positif, ni négatif en soi. Son interprétation dépend de l’âge du fonds, de la qualité des actifs et de la crédibilité des hypothèses de valorisation.

Que mesure le TRI ?

Le TRI, ou taux de rentabilité interne, mesure le rendement d’un ensemble de flux financiers en tenant compte de leurs montants et de leurs dates.

Il correspond au taux d’actualisation pour lequel la valeur actuelle nette des décaissements, des distributions et de la valeur résiduelle devient égale à zéro.

Comment calculer le TRI ?

La formule générale recherche le taux rqui vérifie :

∑_(t=0)^n▒(CF_t)/(1+r)^t =0

Dans cette formule :

  • CF_t représente le flux financier à la date t;
  • les appels de capitaux sont généralement traités comme des flux négatifs ;
  • les distributions sont traitées comme des flux positifs ;
  • la valeur résiduelle est intégrée comme un flux positif théorique à la date de calcul.

Prenons un exemple simplifié :

  • 40 millions d’euros appelés au lancement ;
  • 30 millions appelés après un an ;
  • 30 millions appelés après deux ans ;
  • 20 millions distribués après quatre ans ;
  • 40 millions distribués après six ans ;
  • 90 millions de valeur résiduelle à la fin de la sixième année.

Le capital versé atteint 100 millions d’euros. Les distributions s’élèvent à 60 millions et la valeur résiduelle à 90 millions. Le TVPI est donc de 1,5x, tandis que le TRI illustratif est d’environ 8,7 %.

Ce calcul montre que le TVPI mesure le multiple de valeur, tandis que le TRI exprime le rythme auquel cette valeur a été créée selon le calendrier retenu.

Quelle différence entre TRI brut et TRI net ?

Le TRI brut mesure généralement la performance des investissements avant certains frais supportés par les investisseurs, notamment les frais de gestion et le carried interest.

Le TRI net mesure la performance revenant aux investisseurs après prise en compte des frais, dépenses et mécanismes d’intéressement applicables.

La différence peut être significative. Une comparaison entre un TRI brut et un TRI net n’est donc pas pertinente.

Il faut vérifier :

  • le niveau auquel le TRI est calculé ;
  • les flux intégrés ;
  • les frais déduits ;
  • le traitement du carried interest ;
  • la prise en compte de la valeur résiduelle ;
  • l’impact éventuel des lignes de crédit.

Pour un investisseur, le TRI net constitue généralement la mesure la plus proche de l’expérience économique réellement supportée.

Pourquoi le TRI est-il sensible au calendrier des flux ?

Le TRI accorde une importance élevée aux distributions rapides. Deux fonds présentant le même TVPI peuvent donc afficher des TRI très différents.

Si 100 euros deviennent 150 euros en deux ans, le TRI annuel est d’environ 22,5 %. Si les mêmes 150 euros sont obtenus après cinq ans, le TRI tombe à environ 8,4 %.

Le multiple final reste identique :

TVPI=1,5x

Mais le rythme de création de valeur est différent.

Cette sensibilité constitue à la fois la force et la limite du TRI. Elle permet de tenir compte du temps, mais peut aussi donner beaucoup de poids aux distributions précoces.

Une première cession réussie peut ainsi faire fortement progresser le TRI d’un jeune fonds alors qu’une grande partie de son portefeuille reste non réalisée. Les TRI intermédiaires doivent donc être interprétés avec prudence.

Comment TVPI, DPI, RVPI et TRI fonctionnent-ils ensemble ?

Ces quatre indicateurs répondent à des questions complémentaires :

  • Le TVPI indique la valeur totale.
  • Le DPI indique la valeur déjà distribuée.
  • Le RVPI indique la valeur restant à matérialiser.
  • Le TRI indique le rythme de création de valeur.

Reprenons deux fonds présentant tous les deux un TVPI de 1,8x.

Le fonds A affiche :

  • DPI : 1,5x ;
  • RVPI : 0,3x ;
  • TVPI : 1,8x.

Le fonds B affiche :

  • DPI : 0,4x ;
  • RVPI : 1,4x ;
  • TVPI : 1,8x.

Le fonds A a déjà réalisé l’essentiel de sa valeur. Le fonds B dépend encore largement de participations non cédées. Les deux TVPI sont identiques, mais leur profil de risque, leur maturité et leur visibilité sont différents.

Le TRI apporte ensuite une information sur le calendrier. Si le fonds A a distribué rapidement, son TRI peut être supérieur à celui du fonds B. Il faut toutefois vérifier si cette différence provient d’une meilleure création de valeur ou simplement d’un calendrier de flux différent.

Comment évoluent les indicateurs pendant la vie d’un fonds ?

La structure des indicateurs évolue avec le cycle de vie du fonds.

Pendant la phase d’investissement

Au début de la vie du fonds :

  • le capital versé augmente ;
  • le DPI reste généralement faible ;
  • le RVPI représente l’essentiel de la valeur ;
  • le TVPI peut être inférieur ou proche de 1x ;
  • le TRI peut être négatif ou instable.

Les frais et les coûts initiaux sont supportés avant que les entreprises aient eu le temps de créer de la valeur. Cette évolution peut contribuer à la courbe en J.

Pendant la phase de création de valeur

Lorsque les entreprises se développent :

  • le RVPI peut progresser ;
  • le TVPI commence à refléter les revalorisations ;
  • les premières distributions font augmenter le DPI ;
  • le TRI devient progressivement plus significatif.

À ce stade, une grande partie de la performance peut encore reposer sur des valorisations non réalisées.

Pendant la phase de cession

Au fur et à mesure des sorties :

  • le DPI augmente ;
  • le RVPI diminue ;
  • le TVPI se transforme progressivement en valeur réalisée ;
  • le TRI se stabilise davantage.

La valeur passe du RVPI vers le DPI. Une cession réalisée au niveau de la valeur liquidative peut ne pas modifier le TVPI, mais elle améliore la qualité de ce multiple en remplaçant une estimation par une distribution.

Lors de la liquidation du fonds

Lorsque toutes les participations ont été cédées :

RVPI=0

La relation devient alors :

TVPI=DPI

Le multiple total repose intégralement sur des distributions réalisées. Le TRI final ne dépend plus d’une valeur résiduelle estimée.

Comment comparer deux fonds de Private Equity ?

Comparer deux fonds nécessite de construire un cadre homogène. Une simple juxtaposition des TRI ou des TVPI peut conduire à des conclusions erronées.

Comparer des millésimes similaires

Les conditions d’investissement varient selon les années. Les valorisations, les taux d’intérêt, l’accès à la dette et les possibilités de sortie influencent les résultats.

Un fonds de millésime 2015 ne doit pas être directement comparé à un fonds lancé en 2023 sans tenir compte de leur différence de maturité.

Comparer des stratégies proches

Le venture capital, le growth equity et le buyout ne suivent pas les mêmes cycles de création de valeur. Le rythme des distributions et le taux d’échec peuvent varier fortement.

Le benchmark doit donc correspondre à la stratégie, au millésime, à la géographie et, si possible, à la taille du fonds.

Comparer des données nettes avec des données nettes

Un TRI brut ne doit pas être comparé à un TRI net. La même règle s’applique aux multiples.

Cambridge Associates recommande notamment d’examiner les performances nettes revenant aux investisseurs, après frais, dépenses et carried interest, pour comparer les résultats au niveau des fonds.

Joueur de football américain en pleine action, évocation de l’analyse de la performance en Private Equity

Utiliser une même date d’évaluation

Les indicateurs doivent être calculés à une date comparable. Un trimestre supplémentaire peut inclure une distribution, une revalorisation ou une dépréciation importante.

La date du reporting et la fréquence des évaluations doivent donc être vérifiées.

Examiner l’impact des lignes de crédit

Certaines sociétés de gestion utilisent des lignes de crédit de souscription pour financer temporairement les investissements avant d’appeler le capital des investisseurs.

En retardant les appels, ces mécanismes peuvent raccourcir artificiellement la durée pendant laquelle le capital apparaît investi et augmenter mécaniquement le TRI.

L’impact sur le multiple est généralement moins direct, même si les intérêts et frais de la ligne peuvent affecter la valeur nette.

Le modèle de reporting publié par l’ILPA en janvier 2025 prévoit d’ailleurs la présentation du TRI net et du TVPI avec et sans l’effet des lignes de crédit au niveau du fonds. Cette distinction améliore la transparence des comparaisons.

Quelles erreurs éviter ?

Considérer le TVPI comme une performance entièrement réalisée

Le TVPI additionne le DPI et le RVPI. Tant que le RVPI reste important, une partie du multiple dépend de valeurs estimées.

Il faut donc toujours demander quelle part du TVPI a déjà été distribuée.

Interpréter un faible DPI comme un mauvais résultat

Un faible DPI peut être normal dans un fonds jeune. Le capital a été investi, mais les participations n’ont pas encore atteint leur phase de cession.

Dans un fonds mature, un DPI faible peut en revanche signaler un retard dans les sorties ou des difficultés de réalisation.

Assimiler le RVPI à une somme disponible

Le RVPI n’est pas une trésorerie en attente de distribution. Il représente la valeur estimée d’entreprises encore détenues.

Le prix final dépendra des résultats opérationnels, des conditions de marché et de la capacité du gérant à organiser les sorties.

Comparer uniquement les TRI

Le TRI ne mesure pas directement le multiple de capital. Un TRI élevé obtenu sur une période courte peut correspondre à un gain absolu limité.

À l’inverse, un multiple élevé réalisé sur une longue période peut afficher un TRI plus modéré.

Ignorer la maturité du fonds

Les indicateurs intermédiaires sont moins fiables lorsque le fonds est jeune. Le TRI peut varier fortement et le TVPI reposer essentiellement sur le RVPI.

La comparaison par millésime permet de replacer la performance dans son cycle.

Confondre capital engagé et capital versé

Les formules du TVPI, du DPI et du RVPI utilisent généralement le capital versé, ou paid-in capital, comme dénominateur.

Le capital engagé correspond au montant maximal promis par l’investisseur. Une partie peut ne pas avoir encore été appelée. Utiliser l’engagement à la place du capital versé modifierait les multiples.

Quels indicateurs complémentaires utiliser ?

Le TVPI, le DPI, le RVPI et le TRI constituent les principaux indicateurs du reporting, mais ils ne suffisent pas toujours à évaluer un fonds.

Le MOIC

Le MOIC, ou Multiple on Invested Capital, mesure la valeur générée par rapport au capital investi. Sa définition exacte peut varier selon le niveau de calcul, fonds ou participations, et selon que les chiffres sont bruts ou nets.

Il est proche du TVPI dans certains contextes, mais les deux termes ne doivent pas être considérés comme automatiquement interchangeables.

Le PME

Le PME, ou Public Market Equivalent, compare les flux d’un fonds de Private Equity avec ceux d’un investissement théorique dans un indice coté.

Il permet d’évaluer si le capital aurait produit davantage ou moins de valeur dans un marché public comparable. Le résultat dépend toutefois de l’indice et de la méthode de PME choisis.

Les flux de trésorerie

L’analyse des appels et des distributions permet de comprendre la trajectoire de liquidité du fonds. Elle complète les multiples en montrant quand le capital a été versé et restitué.

La concentration du portefeuille

Un TVPI élevé peut dépendre d’un petit nombre d’entreprises. Il est donc important d’identifier le poids des principales participations dans la valeur résiduelle.

Un RVPI concentré sur une seule entreprise ne présente pas le même niveau de risque qu’un RVPI réparti entre plusieurs actifs.

La passerelle de valeur liquidative

La passerelle de valeur liquidative, ou NAV bridge, explique l’évolution de la valeur du fonds entre deux périodes. Elle peut distinguer :

  • les nouveaux investissements ;
  • les cessions ;
  • les revalorisations ;
  • les dépréciations ;
  • les frais ;
  • les effets de change ;
  • les distributions.

Cette analyse aide à comprendre l’origine de la progression du TVPI ou du RVPI.

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Points à retenir

  • Le TVPI mesure la valeur totale, réalisée et non réalisée, par rapport au capital versé.
  • Le DPI mesure uniquement les distributions effectivement reçues.
  • Le RVPI mesure la valeur estimée du portefeuille restant.
  • Le TVPI est égal à la somme du DPI et du RVPI.
  • Le TRI tient compte du montant et de la date des appels, des distributions et de la valeur résiduelle.
  • Un TVPI identique peut recouvrir des profils très différents selon sa répartition entre DPI et RVPI.
  • Un DPI faible peut être normal pour un fonds jeune, mais plus préoccupant pour un fonds mature.
  • Un RVPI élevé représente un potentiel de distribution, mais aussi un risque de valorisation et de sortie.
  • Le TRI net doit être distingué du TRI brut.
  • Les lignes de crédit peuvent augmenter mécaniquement le TRI en retardant les appels de capitaux.
  • Les comparaisons doivent porter sur des fonds de stratégie, de millésime et de maturité similaires.
  • Les indicateurs de performance ne constituent jamais une garantie de résultat futur.

FAQ

Quelle est la différence entre TVPI et DPI ?

Le TVPI mesure la valeur totale du fonds, en additionnant les distributions et la valeur résiduelle. Le DPI mesure uniquement les distributions effectivement reçues par les investisseurs.

Quelle est la différence entre DPI et RVPI ?

Le DPI correspond à la valeur déjà distribuée, tandis que le RVPI correspond à la valeur estimée des participations encore détenues. Le premier est réalisé, le second reste non réalisé.

Pourquoi le TVPI est-il égal au DPI plus le RVPI ?

Les distributions et la valeur résiduelle forment ensemble la valeur totale du fonds. Comme les trois multiples utilisent le capital versé comme dénominateur, le TVPI correspond à la somme du DPI et du RVPI.

Que signifie un TVPI de 2x ?

Un TVPI de 2x signifie que la somme des distributions et de la valeur résiduelle représente deux fois le capital versé. Il faut ensuite vérifier quelle part a déjà été distribuée et quelle part dépend encore des valorisations du portefeuille.

Que signifie un DPI de 1x ?

Un DPI de 1x signifie que les distributions cumulées correspondent au capital versé. L’investisseur a récupéré l’équivalent de ses apports, sans tenir compte de la valeur résiduelle encore détenue.

Quel est le meilleur indicateur de performance en Private Equity ?

Aucun indicateur n’est suffisant isolément. Le TVPI mesure la valeur totale, le DPI les distributions réalisées, le RVPI la valeur restante et le TRI le rythme des flux. Leur lecture combinée offre une analyse plus complète.

Pourquoi le TRI peut-il être trompeur ?

Le TRI est très sensible au calendrier des flux. Une distribution précoce peut fortement l’augmenter, même si une grande partie du portefeuille reste non réalisée. Il peut aussi être influencé par l’utilisation de lignes de crédit retardant les appels de capitaux.

Faut-il privilégier le TRI net ou le TRI brut ?

Pour apprécier la performance revenant à l’investisseur, le TRI net est généralement le plus pertinent, car il intègre les frais, les dépenses et le carried interest. Le TRI brut reste utile pour analyser la performance des investissements avant ces éléments.

Conclusion

Les indicateurs de performance du Private Equity, TVPI, DPI, RVPI et TRI, décrivent des dimensions différentes d’un même investissement. Le TVPI mesure la valeur totale, le DPI les distributions reçues, le RVPI la valeur encore détenue et le TRI le rythme auquel les flux ont été générés.

Leur interprétation doit toujours intégrer la maturité du fonds, son millésime, sa stratégie, les méthodes de valorisation et la distinction entre données brutes et nettes. Un TVPI élevé principalement composé de RVPI n’offre pas la même visibilité qu’un multiple reposant majoritairement sur des distributions.

Ces indicateurs constituent des outils de lecture et de comparaison. Ils ne remplacent ni l’analyse du portefeuille sous-jacent, ni l’évaluation de la société de gestion, ni l’examen des risques et des besoins de liquidité. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

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Salma Moumen
À propos de l'auteur
Salma Moumen est Chief Project Officer chez Altaroc. Diplômée de TBS Education, avec une spécialisation en Banking & Corporate Finance, elle débute sa carrière dans l’accompagnement de fintechs lors de leurs levées de fonds, avant de se consacrer à la transformation digitale d’acteurs du secteur financier, au croisement des enjeux métiers et technologiques. À travers ses articles, elle propose une analyse pédagogique, documentée et objective des marchés privés, de leurs mécanismes et des risques qui leur sont associés.
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