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Private Equity : La désintermédiation silencieuse des banques privées

Publié le
23/6/2026
Modifié le
19/6/2026
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Les banques privées continuent de penser qu’elles maitrisent le Private Equity. En réalité, elles en perdent progressivement le contrôle. Il ne s’agit pas d’une rupture brutale, ni d’un choc visible, mais d’un glissement lent, presque imperceptible (et pourtant déjà bien engagé). Ce mouvement est d’autant plus frappant qu’il est porté, en grande partie, par leurs propres clients
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Private Equity : La désintermédiation silencieuse des banques privées
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Pendant longtemps, la légitimité des banques privées reposait sur une promesse claire : donner accès à des opportunités rares, complexes et réservées à un cercle restreint d’investisseurs. Cette capacité d’accès structurait leur rôle, leur valeur et leur position centrale dans la relation.

Mais cette rareté s’efface. Et avec elle, c’est l’équilibre même du modèle qui se fragilise. Non pas parce qu’il est dépassé, mais parce que les règles qui le rendaient pertinent ont changé (et que ces mutations ont été largement sous-estimées).

 

Un modèle qui s’érode à la racine

L’accès et l’information ne sont plus des avantages décisifs

Le modèle historique des banques privées reposait sur deux piliers : l’accès et l’information. Elles contrôlaient l’entrée vers des opportunités d’investissement peu accessibles, notamment dans le non coté, et disposaient de l’expertise nécessaire pour les analyser et les sécuriser.

Aujourd’hui, ces deux avantages se sont considérablement affaiblis.

 

L’information s’est démocratisée. Les clients fortunés disposent désormais d’un niveau de sophistication bien supérieur à celui d’il y a dix ans. Ils accèdent à une information abondante, souvent de qualité, et s’appuient sur des conseils externes capables de challenger les recommandations bancaires. L’asymétrie d’information qui faisait la force du modèle, s’est réduite.

Dans le même sens, l’accès s’est ouvert. Des plateformes spécialisées ont industrialisé la distribution du Private Equity, tandis que les sociétés de gestion ont développé des offres directement destinées aux clients privés. Les opportunités circulent désormais en dehors des circuits bancaires traditionnels.

Ce qui faisait autrefois la différence tend aujourd’hui à se banaliser.

 

Le client n’est plus captif, il arbitre

Cette transformation a profondément modifié le comportement des clients. Le client de Banque Privée n’est plus dans une relation de dépendance ; il est dans une logique d’arbitrage permanent.

 

Il sélectionne ses interlocuteurs en fonction de leur valeur ajoutée, répartit ses investissements entre plusieurs acteurs et construit son allocation de manière plus autonome. Sa banque n’est plus le centre de gravité de son patrimoine, mais l’un des points d’entrée parmi d’autres.

Ce changement est souvent sous-estimé, car la relation semble, en apparence, inchangée. Le client conserve ses comptes, échange avec son banquier, maintient un lien. Pourtant, une part croissante des décisions (souvent les plus structurantes) se prend ailleurs.

La relation demeure, mais l’influence se déplace.

 

Le Private Equity, révélateur d’un basculement plus profond

Un marché qui s’est ouvert sans passer par les banques

Le Private Equity illustre parfaitement cette évolution. Longtemps réservé à un cercle restreint en raison de sa complexité et de ses tickets d’entrée élevés, il constituait un terrain sur lequel les banques privées jouaient un rôle clé d’intermédiation. Mais ce rôle s’érode rapidement.

De nouveaux acteurs ont transformé le marché en profondeur : ils ont agrégé l’offre, digitalisé les parcours d’investissement et abaissé les seuils d’entrée. Parallèlement, les grandes sociétés de gestion ont développé des solutions spécifiquement conçues pour les clients privés, adaptées à leurs contraintes. Résultat : l’accès au Private Equity ne passe plus nécessairement par les banques (et se fait de plus en plus souvent en dehors d’elles).

En Europe, des acteurs comme Altaroc illustrent cette transformation en proposant un accès simplifié à des stratégies historiquement réservées aux grands institutionnels.

 

Des opportunités qui émergent hors du système bancaire

Mais le changement le plus structurant est ailleurs. Il ne tient pas seulement aux canaux de distribution, mais à la manière dont les opportunités elles-mêmes émergent.

Le Private Equity fonctionne de plus en plus comme un marché de réseaux. Les investissements se construisent entre entrepreneurs, anciens dirigeants et investisseurs expérimentés. Les opportunités naissent au sein de cercles fermés, se diffusent dans des communautés spécifiques et se concrétisent via des logiques de co-investissement ou de club deals.

 Dans ce contexte, la banque n’est plus simplement contournée en bout de chaîne : elle est souvent absente dès l’origine de flux.

 

 

Une désintermédiation déjà installée, mais peu visible

Cette désintermédiation est déjà largement à l’œuvre, même si elle reste difficile à percevoir. Elle ne prend pas la forme d’une rupture franche, mais d’un déplacement progressif.

Les clients ne quittent pas leur banque ; ils en redéfinissent le rôle. Ils y conservent une partie de leurs actifs, tout en réalisant ailleurs une part croissante de leurs investissements (notamment en Private Equity, où se concentrent les montants les plus importants et les perspectives de rendement les plus élevées).

Pour les banques, les conséquences sont profondes : perte de visibilité sur une partie du patrimoine, affaiblissement de leur capacité à structurer une allocation globale cohérente, et, à terme, érosion de leur légitimité en tant que conseil stratégique.

 

 

Une vague de transformation encore sous-estimée

3 000 milliards d’euros en jeu

 

A cette évolution structurelle s’ajoute une dynamique démographique majeure. Dans les dix prochaines années, près de 3 000 milliards d’euros seront transmis en France, avec plus de 20% du patrimoine susceptible de changer de main.

Cette période constitue un moment clé de réallocation des actifs. Elle aurait pu représenter une opportunité majeure pour les banques privées, à la fois pour renforcer leur relation avec les nouvelles générations et repositionner les portefeuilles.

Mais rien ne garantit que ces flux restent dans leur périmètre.

 

 Le réemploi des capitaux, angle mort stratégique

Le véritable enjeu de réside pas tant dans la transmission que dans le réinvestissement des capitaux. Or, sur ce terrain, les banques apparaissent insuffisamment préparées. Le réemploi est encore trop souvent abordé de manière réactive, avec des offres peu différenciées et une compréhension parfois limitée des besoins spécifiques des clients, notamment les plus seniors.

 

Ces besoins sont pourtant multiples : génération de revenus, financement de la dépendance, optimisation fiscale, transmission intergénérationnelle, diversification. Face à cette complexité, une approche standardisée ne suffit plus. Ce décalage ouvre un espace que d’autres acteurs, plus spécialisés ou plus agiles, occupent déjà (avec le Private Equity comme levier central).

 

 

Repenser le rôle, pas seulement l’offre

Les limites du modèle de distribution

Face à ces transformations, les banques privées ont tendance à adapter leur offre en commençant à intégrant davantage de solutions de Private Equity. Mais cette réponse reste partielle. Le véritable enjeu ne réside pas dans la richesse de l’offre, mais dans la place occupée dans la chaîne de valeur. Tant que la banque se positionne comme un distributeur, elle reste vulnérable. Dans un environnement où l’accès est devenu une commodité, la distribution ne constitue plus un avantage durable.

 

De distributeur à architecte

Face à ces transformations, les banques privées ont tendance à adapter leur offre en commençant à intégrer davantage de solutions de Private Equity. Mais cette réponse reste partielle. Le véritable enjeu ne réside pas dans la richesse de l’offre, mais dans la place occupée dans la chaine de valeur.  Tant que la banque se positionne comme un distributeur, elle reste vulnérable. Dans un environnement où l’accès est devenu une commodité, la distribution ne constitue plus un avantage durable.

 

Du produit au portefeuille : le véritable changement de paradigme

L’enjeu n’est plus d’ajouter quelques fonds de Private Equity à une offre existante. Il est de permettre aux clients de construire et piloter une véritable allocation non cotée dans la durée. Pendant des années, l’approche dominante a consisté à distribuer des fonds de manière opportunistes, souvent via des structures feeders, sans vision globale des portefeuilles. Cette logique atteint aujourd’hui ses limites.

Les investisseurs les plus sophistiqués ne raisonnent plus fonds par fonds ; ils raisonnent en stratégies, en diversification, en millésimes, en gestion de la liquidité et en construction progressive d’exposition. Autrement dit, ils pilotent leur proche de Private Equity comme le font les grands investisseurs institutionnels.

 

C’est précisément sur ce terrain que les banques privées peuvent retrouver un rôle central. Leur valeur ne réside plus dans la capacité à donner accès à un fonds supplémentaire, mais dans leur aptitude à concevoir, mettre en œuvre et ajuster dans le temps une stratégie d’investissement cohérente. Demain, le client n’achètera plus seulement un produit ; il attendra une solution clé en main lui permettant de gérer son allocation non cotée avec la même rigueur que les plus grands investisseurs institutionnels. Cette évolution marque le passage d’une logique de distribution à une logique de pilotage patrimonial, beaucoup plus stratégique et durable.

 

Le repositionnement nécessaire est plus profond. Les banques privées doivent évoluer vers un rôle d’architecte. Architecte d’une allocation globale intégrant pleinement le non coté. Architecte d’une sélection rigoureuse dans un univers devenu abondant. Architecte, enfin, d’un cadre de décision permettant au client de naviguer avec cohérence et discipline. Cette transformation suppose des investissements réels (en compétences, en organisation et en culture) mais elle est indispensable pour retrouver une position centrale.

 

 

Conclusion

Le Private Equity ne provoque pas la transformation du modèle des banques privées ; il en est le révélateur le plus visible. Dans un univers où l’accès à l’information et aux produits n’est plus rare, la valeur ne réside plus dans la distribution, mais dans la capacité à structurer, sélectionner et accompagner les décisions dans la durée. Les banques privées peuvent encore jouer un rôle central, à condition d’accepter de le redéfinir. Car une règle demeure : lorsque l’on cesse de participer aux décisions, on finit toujours par sortir de la relation.

 

 

 

Témoignage - Michel Matthieu

Nous décrivons dans cet article une désintermédiation progressive des banques privées, et notamment sur le thème du Private Equity. Selon vous, s’agit-il d’un phénomène conjoncturel lié à l’innovation récente, ou un basculement structurel et irréversible de la chaine de valeur

Je ne pense pas que nous assistions à une disparition des banques privées dans la chaîne de valeur du Private Equity. En revanche, nous observons une transformation profonde de leur rôle.

Cette évolution est avant tout portée par les clients eux-mêmes. Dans un environnement où les marchés cotés offrent des perspectives de rendement lus limitées, les investisseurs recherchent de plus en plus de solutions capables de générer de la performance sur le long terme.

Pour autant, de nombreux conseillers restent encore peu familiers avec cette classe d’actifs. C’est particulièrement vrai dans les grands réseaux bancaires, où le niveau d’expertise sur les innovations récentes du marché, les nouvelles structures d’investissement ou les approches de construction de portefeuille reste hétérogène. Cette situation crée naturellement un espace pour des acteurs spécialisés capables d’apporter expertise, pédagogie et accompagnement.

C’est pourquoi je vois davantage une logique de complémentarité qu’un basculement complet de la chaine de valeur. Les banques disposent d’un atout majeur : la relation de confiance avec leurs clients. En revanche, elles doivent être mieux accompagnées dans la formation de leurs équipes et dans la commercialisation de solutions de Private Equity devenue plus complexes et plus sophistiquées.

La montée en puissance des conseillers en gestion de patrimoine indépendants illustre parfaitement cette dynamique. Les montants qu’ils collectent auprès de clients historiquement bancarisés démontrent que la demande existe et qu’elle est très forte. Les clients ne remettent pas nécessairement en cause leur banque ; ils cherchent avant tout des interlocuteurs capables de les accompagner sur leurs nouveaux besoins d’investissement.

L’enjeu pour les banques privées n’est donc pas de lutter contre cette évolution, mais de s’y adapter. Celles qui sauront s’appuyer sur des partenaires spécialisés et faire monter leurs équipes en compétence conserveront une place centrale dans la relation client. Les autres risquent progressivement de voir les décisions d’investissement les plus stratégiques se prendre en dehors de leur périmètre.

 

 

Si l’accès et l’information ne sont plus des avantages différenciants, quelles nouvelles sources de valeur concrètes une banque privée peut-elle développer pour rester centrale dans les décisions d’investissement de ses clients ?

Je ne suis pas certain que l’accès et l’information aient cessé d’être différenciant dans le Private Equity. Cette classe d’actifs reste complexe, technique et relativement méconnue. Le véritable enjeu est plutôt la capacité des banquiers à diffuser cette expertise auprès de leurs conseillers et à la rendre accessible à leurs clients.

La première source de valeur consiste donc à renforcer la formation et l’accompagnement des banquiers. Beaucoup de conseillers ne sont pas encore totalement à l’aise avec les spécificités du Private Equity, ses mécanismes, ses risques ou ses innovations récentes. Pour rester crédible face à des clients de plus en plus informés, les banques doivent investir davantage dans la montée en compétences de leurs équipes.

La deuxième priorité est d’aligner les dispositifs commerciaux avec cette ambition. Tant que les objectifs et les incitations des conseillers restent principalement orientés vers les produits traditionnels, le Private Equity peinera à trouver sa place dans les allocations. Si les banques considèrent réellement les actifs privés comme une composante stratégique du patrimoine de leurs clients, elles doivent également le refléter dans leurs modes de pilotage et d’animation commerciale.

La troisième source de valeur réside dans l’ouverture de l’architecture produit. Les clients attendent aujourd’hui de leur banque qu’elle leur donne accès aux meilleures solutions du marché, indépendamment de leur provenance. Or, de nombreux réseaux restent encore fortement centrés sur leurs produits maison. Cette approche peut être perçue comme restrictive et limiter la capacité du conseiller à construire une allocation véritablement adaptée aux besoins du client.

 

Enfin, la confiance demeure le facteur déterminant. C’est elle qui permet à une banque privée de rester au cœur des décisions patrimoniales de ses clients. Or cette confiance peut être fragilisée lorsque les clients ont le sentiment que les recommandations sont guidées avant tout par les contraintes de distribution interne. A l’inverse, les établissements qui privilégient l’ouverture, la transparence et la liberté de sélection renforcent leur crédibilité.

Le succès des conseillers en gestion de patrimoine indépendants illustre parfaitement cette évolution. Leur avantage n’est pas nécessairement une expertise supérieure, mais souvent une plus grande liberté dans le choix des solutions proposées. Les banques privées qui sauront combiner la force de leur relation client avec une véritable architecture ouverte seront les mieux positionnées pour conserver un rôle central dans les décisions d’investissement de demain.

 

 

La transmission massive de patrimoine à venir est souvent présentée comme une opportunité : quels sont, selon vous, les principaux risques pour les banques privées si elles ne parviennent pas à capter le réinvestissement de ces capitaux ?

 Le risque n’est pas uniquement lié à la vague de transmission à venir : il existe déjà depuis de nombreuses années. Lors d’une succession, les héritiers ne sont pas nécessairement clients de la banque du défunt. Rien ne garantit donc que les actifs transmis resteront naturellement au sein de l’établissement que les détenait auparavant.

La période de transmission constitue un moment particulièrement sensible, car elle s’accompagne souvent d’une remise à plat des relations bancaires et des stratégies d’investissement. Les héritiers réévaluent leurs besoins, comparent les offres disponibles et sont généralement plus ouverts à de nombreux interlocuteurs. Pour les banques privées, conserver ces capitaux nécessite donc un véritable effort d’organisation, d’accompagnement et d’innovation.  

Dans ce contexte, le Private Equity peut constituer un puissant levier d’attractivité. Cette classe d’actifs suscite un intérêt croissant de la part des investisseurs, mais elle reste encore insuffisamment proposée ou expliquée dans de nombreux réseaux bancaires. A l’inverse, les conseillers en gestion de patrimoine indépendants, ainsi que certaines banques plus ouvertes, ont souvent fait du Private Equity un axe fort de leur proposition de valeur.

Le principal risque pour les banques privées est donc celui d’une captation progressive de la relation client par des acteurs concurrents. Lorsqu’un CGP ou une autre banque parvient à répondre à un besoin spécifique (par exemple en proposant une solution de Private Equity adaptée) il ne se contente généralement pas de distribuer un produit. Il construit une relation de confiance avec le client et chercher naturellement à élargir progressivement son périmètre d’intervention à d’autres dimensions du patrimoine.

Autrement dit, le véritable enjeu n’est pas seulement la perte d’un investissement ou d’une souscription. C’est le risque de voir la relation de conseil se déplacer vers un autre acteur. Or, lorsque la confiance change de camp, les flux patrimoniaux ont souvent tendance à suivre.

 Le passage d’un rôle de distributeur à celui « d’architecte » est au cœur de l’analyse : quels changements organisationnels, culturels ou économiques cela implique-t -il concrètement pour une banque privée, et quels en sont les principaux obstacles ?

Le passage d’un rôle de distributeur à celui d’architecte implique une transformation profonde de l’organisation des banques privées. Il ne s’agit pas simplement d’ajouter quelques solutions de Private Equity à une gamme existante, mais de développer une véritable capacité de conseil sur les actifs privés à l’échelle mondiale.

 Aujourd’hui, peu d’établissements disposent des équipes, de l’expertise et des réseaux nécessaires pour analyser en profondeur l’univers du Private Equity international. Même parmi les grands acteurs, cette compétence reste souvent concentrée dans des équipes spécialisées et ne se diffuse pas toujours jusqu’aux conseillers en contacte direct avec les clients. Historiquement, les réseaux bancaires se sont davantage construits autour de produits liquides, standardisés et faciles à distribuer, tels que les fonds traditionnels, l’assurance-vie ou les ETF.

- Pour évoluer vers un rôle d’architecte, les banques doivent donc renforcer considérablement la formation et l’accompagnement de leurs banquiers privés. Les clients sont aujourd’hui beaucoup plus informés qu’auparavant. Et lorsqu’ils ne maitrisent pas eux-mêmes certains sujets, ils disposent désormais d’outils simples, gratuits et performants leur permettant de se renseigner rapidement sur des classes d'actifs autrefois réservées aux spécialistes. Cette évolution oblige les conseillers à monter en gamme et à apporter une véritable valeur de conseil. 'un des enjeux majeurs consiste également à rassurer les investisseurs. Le Private Equity demeure souvent perçu comme une classe d'actifs complexe ou risquée. Les conseillers doivent être capables d'en expliquer les mécanismes, les bénéfices, les contraintes et la place au sein d'une allocation patrimoniale globale. Cette pédagogie est essentielle pour accompagner la démocratisation de la classe d'actifs.

- Cette transformation suppose également une évolution de l'offre. De nombreuses banques restent encore fortement orientées vers leurs propres produits, ce qui limite parfois leur capacité à proposer les meilleures solutions disponibles sur le marché. Pour répondre aux attentes des clients, elles devront développer davantage d'architecture ouverte, que ce soit directement ou via des partenariats en marque blanche avec des acteurs spécialisés capables d'apporter une expertise mondiale.

- Enfin, le principal obstacle est probablement culturel. Pendant longtemps, le modèle bancaire a reposé sur la distribution de produits « maison » relativement simples à commercialiser. Le modèle d'architecte exige au contraire davantage d'objectivité, de personnalisation et de capacité à sélectionner les solutions les plus adaptées, y compris lorsqu'elles proviennent de partenaires externes. Cela suppose de faire évoluer les habitudes, les modes de rémunération et parfois même la manière dont la performance commerciale est évaluée.

- Les banques qui réussiront cette transformation seront celles qui parviendront à combiner la force de leur relation client avec une expertise renforcée, une architecture plus ouverte et une véritable capacité à accompagner leurs clients dans des décisions patrimoniales de plus en plus sophistiquées.

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