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Dossier Spécial
L'Intelligence Artificielle au service de la santé
Mars 2024

Toujours plus d'opportunités de croissance pour le secteur de la santé

Publié le
10/10/2023
Modifié le
28/3/2024
0
minute(s)
Dans une interview, Michel Ruimy, économiste, explique les perspectives de croissance du secteur de la santé à l'international. La médecine personnalisée et l'utilisation de l'intelligence artificielle révolutionnent les soins de santé. Malgré les défis liés aux coûts croissants, le secteur continue d'offrir des opportunités de croissance, soutenues par le Private Equity.
Par
Damien Hélène
Damien Hélène
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Interview – Michel Ruimy est économiste, consultant et conseiller en stratégie auprès d’entreprises du CAC 40 et d’organismes internationaux. Auteur de nombreux ouvrages et articles consacrés aux questions économiques, financières et sociétales, il enseigne dans des établissements nationaux et internationaux de réputation mondiale (Sciences-Po Paris, ESCP Europe…).

D’un point de vue international, quelles sont les perspectives de croissance du secteur de la santé ?

Michel Ruimy : La population mondiale consomme de plus en plus du « soin » du fait notamment d’une prise de conscience grandissante de l’importance de la prévention des maladies et de la promotion du bien-être. La médecine personnalisée, qui implique des diagnostics et des traitements basés sur les caractéristiques génétiques individuelles, est en pleine expansion et les dispositifs de surveillance de la condition physique, les applications de suivi de la nutrition, les programmes de remise en forme… se multiplient. Des domaines tels que l’intelligence artificielle, la télémédecine, l’Internet des objets sont en train de révolutionner les soins de santé en améliorant les diagnostics, les traitements et la gestion des maladies.

Cette demande est soutenue depuis des années surtout par l’accroissement de la population mondiale et son vieillissement, par la prévalence graduelle des maladies chroniques liées au mode de vie ainsi que par l’accès aux soins de santé de base sans cesse croissant et par le besoin d’infrastructures médicales dans les pays émergents (facteurs structurels profonds). Par ailleurs, le tourisme médical est en plein essor : davantage de patients vont dans des pays offrant des services de santé, des infrastructures modernes et des procédures médicales avancées pour recevoir des soins médicaux de qualité à des coûts abordables.

Du côté de l’offre, éclatée, les firmes pharmaceutiques, y compris les laboratoires de génériques, les biotechs, les medtechs et les services (réseaux de cliniques, entreprises qui fournissent les logiciels pour les pharmacies…), bien que corrélés, sont suffisamment diversifiés pour que le secteur n’ait pas trop à souffrir de la volatilité des cours boursiers.

Enfin, la santé reste un marché qui a tendance à performer plus que d'autres grâce notamment aux petites et moyennes capitalisations. La diversification géographique joue aussi un rôle important, l'Asie et les États-Unis restant les marchés les plus importants, tant au niveau du potentiel de consommation qu'au niveau d'opportunités d'investissement.

Malgré tout, si le secteur de la santé représente, à l’échelle planétaire, près de 10% du PIB mondial, soit environ 20 fois plus que le secteur du luxe, il est confronté aux coûts croissants des soins de santé, aux réglementations complexes, aux pénuries de main-d’œuvre qualifiée et aux enjeux liés à la protection des données médicales. Chaque pays ayant ses spécificités, les perspectives de croissance peuvent varier d’un pays à l’autre mais, dans l’ensemble, le secteur continue de présenter des opportunités de croissance.

Grâce à l’intelligence artificielle, des sous-secteurs se sont-ils structurés dans la santé, permettant ainsi de créer de nouvelles opportunités d’investissement ?

Michel Ruimy : Le marché de l’analyse des soins de santé est segmenté par type de technologie (analyse prédictive, analyse prescriptive et analyse descriptive), par application (analyse de données cliniques, analyse de données financières et analyse de données administratives), par produit (matériel, logiciel et service), par mode de livraison (modèle sur site et modèle basé sur le cloud), par utilisateur final (prestataire de soins de santé, industrie pharmaceutique, industrie biotechnologique et organisation universitaire) et géographique (Amérique du Nord, Europe, Asie-Pacifique, Moyen-Orient et Afrique, et Amérique du Sud). Au-delà de cette segmentation, l’intelligence artificielle (IA) joue un rôle essentiel dans la structuration de sous-secteurs, que ce soit dans les domaines du diagnostic médical, de la médecine de précision, de la santé numérique, du suivi des patients et de la recherche médicale.

En matière de diagnostic médical, l'IA permet d'améliorer l'exactitude et l'efficacité du diagnostic en analysant de grandes quantités de données (images médicales, données génétiques, antécédents médicaux). Dès lors, des start-ups s'appuyant sur cette technologie ont développé des outils de dépistage précoce et d'assistance au diagnostic (dermatologie, radiologie...).

Cette technologie facilite aussi la personnalisation des traitements médicaux en analysant les données des patients pour prédire leur réponse à des médicaments spécifiques ou pour identifier des biomarqueurs prédictifs de certaines maladies.

Les applications de santé numérique et les dispositifs de suivi des patients, installés sur des smartphones, bénéficient également des avancées de l’IA. Les chatbots et les assistants virtuels basés sur l’IA permettent de fournir des conseils médicaux et de gérer les rendez-vous. Les dispositifs de suivi des patients (wearables) peuvent collecter des données sur la santé en temps réel, permettant aux professionnels de la santé de les surveiller à distance et de détecter les problèmes potentiels.

Enfin, l’IA participe à la recherche médicale en accélérant le processus de découverte de médicaments. Elle est utilisée dans l’analyse de données relatives à la recherche médicale, y compris des articles scientifiques, des bases de données génomiques et des données de patients.

D’un point de vue économique, comment qualifier le secteur de la santé ? Quels rendements (ROI) peut-on en attendre ? Peut-on dire qu’il s’agisse d’un secteur résilient et acyclique ?

Michel Ruimy : La santé est un besoin fondamental de chaque individu. Son marché est, en conséquence, un secteur essentiel voire crucial de l’économie. Malgré une réglementation stricte visant à garantir la sécurité des patients, la qualité des soins et l’éthique médicale, il croît régulièrement et, plus spécifiquement, pour les produits et services de santé dont l’expansion est solide et durable, cela crée de nouvelles opportunités d’investissement.

Pour autant, les ROI dans le secteur de la santé peuvent varier considérablement en fonction des évolutions réglementaires, du type d’investissement, de la nature de l’entreprise ou du projet, de la phase de développement, des conditions du marché et des risques associés. Il n’en demeure pas moins que certaines entreprises du secteur de la santé peuvent offrir des rendements potentiellement élevés comme les start-ups technologiques (au-delà de la phase de démarrage), les entreprises pharmaceutiques en lien avec les avancées dans les thérapies géniques, l’oncologie, les maladies rares… voire dans les infrastructures de santé (hôpitaux, cliniques, centres de soins de longue durée, établissements de santé spécialisés…), qui sont des investissements moins risqués et dont les rendements peuvent donc être plus modestes par rapport à d’autres secteurs plus innovants.

Bien que le secteur de la santé puisse être considéré, dans l’ensemble, comme relativement résilient et acyclique en raison de la demande continue de soins de santé, certains compartiments peuvent être plus sensibles aux cycles économiques que d’autres comme les dispositifs médicaux coûteux et les procédures médicales non urgentes qui peuvent être reportés pendant les périodes de ralentissement économique, ce qui peut avoir un impact financier sur certaines entreprises du secteur.

Quels sont les apports du Private Equity pour accompagner ces entreprises de pointe (AIVF, Biofourmis, …) ? Elles peuvent ainsi consolider leur marché, créer des emplois …

Michel Ruimy : Des biotechs aux pharmaceutiques en passant par les medtechs, la santé offre un large ensemble d’activités économiques et reste une thématique porteuse, soutenue par des fondamentaux solides. Les innovations prometteuses qui vont arriver demain sur ce marché en croissance, vont contribuer à le dynamiser. L’État et les services publics ne seront pas en mesure de prendre en charge ces dépenses sur le long terme. Le secteur privé sera donc inévitablement amené à prendre le relais.

Dans ce contexte, le Private Equity va jouer un rôle important en soutenant le potentiel de réussite des entreprises de pointe. En effet, ces investisseurs, outre le fait qu’ils contribuent à un financement significatif des activités, ont souvent une expertise et un réseau étendu qu’ils peuvent mobiliser notamment en apportant, à ces entreprises, des conseils stratégiques et des meilleures pratiques opérationnelles et/ou en facilitant des partenariats, des collaborations, des opportunités d’affaires… Par ailleurs, ils ont souvent noué des relations étroites avec d’autres institutions financières (banques, fonds de capital-risque, fonds souverains…), ce qui peut faciliter l’accès de ces firmes à d’autres sources de financement au moment opportun et/ou de les aider à lever des fonds supplémentaires à mesure qu’elles se développent.

On le voit, toutes ces initiatives, présentes ou potentielles, fournissent une aide précieuse aux entreprises. Elles leur permettent de se concentrer sur leur cœur de métier tout en bénéficiant d’une expertise externe en matière de gestion.

Comment conjuguer pression sur les coûts et hausse constante des besoins ?

Michel Ruimy : La caractéristique du secteur est de s’inscrire dans un contexte d’économie régulée ayant un double objectif : maîtriser les coûts par la fixation des prix et organiser l’offre de soins essentiellement via les autorisations de mise sur le marché. Les industriels font donc face, depuis plusieurs années, à des contraintes économiques et à une vive concurrence au niveau mondial.

La médecine des « 4 P » (prédictive, préventive, personnalisée, participative) est porteuse d’opportunités pour les acteurs de la filière… à condition de travailler autrement. Elle les place dans l’obligation de repenser régulièrement leur positionnement dans la chaîne de valeur de la santé et de moderniser rapidement leur fonctionnement. Cette situation nécessite de créer un « continuum de soins » et, plus largement, un « continuum de santé » pour anticiper les comportements à risques, connaître l’environnement personnalisé d’une population ou d’un patient. Elle oblige au décloisonnement entre acteurs composant la chaîne de valeur et à la collaboration entre professionnels. Elle suppose une multidisciplinarité des équipes qui s’y investissent et de développer des compétences nouvelles pour les métiers. Le continuum est aussi un « continuum de données », car la donnée, nouvel « or noir » de l’économie, doit pouvoir circuler et être exploitable de bout en bout de la chaîne de valeur depuis l’usage jusqu’à la recherche pour mieux cibler, mieux ajuster les traitements, les thérapies et enrichir la recherche sur les produits de santé ainsi qu’en épidémiologie.

Ce schéma nécessite la porosité des frontières entre spécialités, métiers et compétences et induit une collaboration de tous les acteurs – dans des modèles économique, juridique, de développement… -, qui provoque un déplacement et un partage de la valeur entre acteurs dont les règles restent à inventer et à structurer.

Dans cet environnement, concilier pression sur les coûts et hausse constante des besoins est un défi complexe et permanent. Il me semble qu’un équilibre peut être atteint en repensant les modèles de prestation des soins. Seule, l’implémentation d’une démarche globale tenant compte des enjeux des différentes parties prenantes (prestataires de soins, assureurs, entreprises pharmaceutiques, patients) permettra d’arriver, sous la houlette des pouvoirs publics, à un consensus satisfaisant.

Nous le voyons avec des entreprises comme Eating Recovery Center et Mentaal Beter (présentent dans le Millésime Altaroc Odyssey 2021) qui prennent en soin des patients pour des troubles alimentaires et psychologiques. Finalement ces entreprises à impact ne joueraient-elles pas un rôle essentiel alors que les hôpitaux sont saturés et que le système de soins en France, en Europe et dans le monde atteint également ses limites ?

Michel Ruimy : Les entreprises à impact ne peuvent remplacer ni les hôpitaux, ni le système de soins de santé.

Elles peuvent toutefois jouer un rôle essentiel en complétant l’offre des structures existantes grâce aux innovations technologiques (télémédecine, applications mobiles de suivi de la santé, plateformes de gestion des dossiers médicaux électroniques…) qui peuvent améliorer l’efficacité et l’accessibilité des soins de santé tout en contribuant au désengorgement des hôpitaux. Il peut s’agir également de la prévention des problèmes de santé, du dépistage précoce, de la gestion des maladies chroniques… qui contribuent à soulager la pression sur les hôpitaux en prévenant les problèmes de santé avant qu’ils ne nécessitent une hospitalisation.

Dans un autre domaine, afin d'améliorer la qualité des soins de santé et d'élargir la disponibilité des professionnels qualifiés de la santé, ces firmes peuvent, en collaboration avec les instituts de formation et les pouvoirs publics, soutenir la formation et le renforcement des compétences des équipes médicales, notamment dans les régions éloignées ou mal desservies.

Toutes ces initiatives réduisent, au final, les coûts des soins de santé tout en maintenant des normes de qualité élevées. On voit bien qu’une approche collaborative, pouvant notamment inclure des partenariats public-privé, entre les entreprises à impact, les organismes de santé et les pouvoirs publics peut favoriser un système de soins plus résilient et plus efficace.

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